L’Union Burundaise des Journalistes (UBJ), préoccupée par les attaques répétitives contre les professionnels des médias à l’approche des échéances électorales de 2020.
Ce jeudi 9 Avril, un journaliste de la radio Indépendante Isanganiro et son chauffeur ont été malmenés par les jeunes Imbonerakure du parti au pouvoir avant de dégonfler les pneus de leur véhicule. Il enquêtait sur une attaque contre un responsable d’un parti d’opposition, le
Conseil National de la Liberté (CNL) sur la colline Rukuba en commune Kanyosha au Sud de la capitale, Bujumbura.
L’Union Burundaise des Journalistes saisit cette occasion pour condamner fermement ces pratiques d’un autre âge.
« Il est inadmissible qu’un journaliste soit empêché de faire son travail alors que la loi lui garantit le libre exercice de son métier. Nous condamnons encore une fois cette énième attaque à l’endroit des professionnels des médias »,
a déclaré le Président de l’UBJ,
Alexandre Niyungeko.
L’UBJ appelle encore une fois les instances habilitées à faire leur travail pour que les
responsables, qui sont par ailleurs connus, soient sanctionnés selon la loi.
Ce n’est pas la première fois que des jeune Imbonerakure soient cités dans de tels actes mais l’administration et les instances du parti au pouvoir à différents échelons ferment les yeux de tels cas.
L’Union Burundaise des Journalistes voudrait rappeler que la coupe risque d’être pleine car il ne se passe un jour sans que les journalistes soient victimes d’attaques physiques ou verbales.
Il y a quelques semaines un journaliste du groupe de presse IWACU a été menacé de mort par un représentant du peuple élu dans la circonscription de Cankuzo à l’Est du pays.
L’Union Burundaise des Journalistes est d’autant plus préoccupée car le Conseil National de la Communication, garant de la liberté de la presse, se mure dans un silence assourdissant alors qu’il ne cesse d’organiser des ateliers appelant les professionnels des médias à travailler d’une manière professionnelle lors de la couverture des élections prochaines.
On serait alors en droit de se poser des questions sur ce professionnel prôné par le CNC alors que les professionnels des médias n’ont plus le libre accès aux sources d’information.
Le même libre accès à l’information qui a été dénié à des journalistes des médias
indépendants, interdits d’assister à la conférence de presse du ministre de la Santé sur le CORONAVIRUS ce samedi 11 Avril 2020. Seuls les journalistes des médias gouvernementaux et /ou proches du parti au pouvoir.
« C’est regrettable et condamnable qu’à l’heure où tout le monde est mobilisé pour lutter contre cette pandémie, un ministre de la santé s’évertue à sélectionner les journalistes qui doivent informer le public. Et de surcroit dans une conférence de presse qui sous d’autres cieux, est événement public réservé aux médias »,
a déploré le Président de l’UBJ.
L’Union Burundaise des Journalistes trouve cette manœuvre indigne d’un ministre de la santé, chargé normalement de préserver la santé du public t notamment en communiquant au maximum possible.
Le groupe de presse Iwacu paie déjà un lourd tribut de ce déni des journalistes à l’accès aux sources.
Quatre journalistes du groupe de presse Iwacu croupissent dans les geôles pour une
condamnation à 2 ans et 6 mois de prison pour « tentative impossible de complicité
d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat ».
Christine Kamikazi, Agnès Ndirubusa, Térence Mpozenzi et Egide Harerimana ont été arrêtés à Bubanza, au mois d’octobre 2019 alors qu’ils couvraient les affrontements entre les forces de l’ordre et un groupe rebelle dans la province de Bubanza au Nord-Ouest du pays.
Press release on repetitive attacks on media professionals in Burundi
The Burundian Union of Journalists (UBJ), is concerned with the repetitive attacks on media professionals in the run-up to the 2020 elections.
This Thursday, April 9, a journalist of the Independent radio station Isanganiro and his driver were abused by the young Imbonerakure of the ruling party before deflating the tires of their vehicle. He was investigating an attack on an official of an opposition party, the National Council for Liberty (CNL) on Rukuba village, in Kanyosha commune south of the capital, Bujumbura.
The Burundian Union of Journalists takes this opportunity to strongly condemn these
practices of another age.
« It is unacceptable for a journalist to be prevented from doing his job when the law guarantees him the free exercise of his profession. We once again condemn this umpteenth attack on media professionals »,
said UBJ President Alexander Niyungeko.
The UBJ once again calls on the authorities empowered to do their work so that those
responsible, who are otherwise known, are punished according to law. It is not the first time young Imbonerakure have been cited in such acts, but the administration and the authorities of the ruling party at different levels have turned a blind
eye to such cases.
The Burundian Union of Journalists would like to reiterate that the cup is likely to be full because no day goes by without journalists being victims of physical or verbal attacks.
A few weeks ago, a journalist from the IWACU press group received death threats from a member of parliament elected in the Cankuzo district in the east of the country.
The Burundian Union of Journalists is more concerned because the National Council of Communication, guarantor of press freedom, keeps a deafening silence while it continues to organize workshops calling media professionals to work in a professional manner when covering the upcoming elections
We would then be entitled to question this professionalism advocated by the CNC while media professionals no longer have free access to sources of information and, moreover, threatened.
The same free access to information that was denied to independent media journalists, banned from attending the Minister of Health’s press conference on the Coronavirus this Saturday, April 11, 2020. Only journalists from government media and / or close to the ruling
party were invited to this press conference.
« It is regrettable and to be condemned that at a time when everyone is mobilized to fight against this pandemic, a minister of health has been striving to select the journalists who must inform the public. And moreover in a press conference which elsewhere, is a public
deplored the President of the UBJ.
event reserved for the media « ,
The Burundian Union of Journalists finds this unworthy of a minister of health, normally responsible for preserving the health of the public, in particular by communicating as much as possible.
The Iwacu press group is already paying a heavy price for the journalists’ denial of access to sources. Four journalists from the Iwacu press group are languishing in jail for a sentence of 2 years and 6 months in prison for « an impossible attempt to aid in the accomplishment of the internal security of the state ».
Let us recall that our comrades Christine Kamikazi, Agnès Ndirubusa, Térence Mpozenzi and Egide Harerimana were arrested in Bubanza, in October 2019 while they were covering clashes between the police and a rebel group in the province of Bubanza , in the northwest of the country.